Xavier Jaglin - Blog Républicain de Xavier Jaglin Conseiller Général de L'orne

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samedi 30 avril 2011

Mes coordonnées

Xavier Jaglin
Conseiller général de l'Orne
Vice-Président de la commission de l'éducation, de la culture et du sport
Conseiller municipal et communautaire d'Argentan
9, place Henri IV
61200 Argentan
Tél: 06 08 03 74 68 - Mail: xavierjaglin@yahoo.fr

mercredi 23 juin 2010

République Solidaire: en route vers 2012, pour les Français, pour la République!

Le 19 juin, Dominique de Villepin a lancé son parti politique "République Solidaire" devant 6000 personnes enthousiastes. Au milieu d'une salle chauffée à blanc, la liberté l'égalité, la fraternité ont été célébrés avec ferveur.

Au delà des valeurs, les axes forts d'un projet pour 2012 ont été esquissés: protectionnisme économique européen, justice sociale, efficacité de l'état, avenir des retraites, éducation nationale, place de chacun dans la société.



Video de l'Intégralité du discourt du 19 juin 2010

DISCOURS DE MONSIEUR DOMINIQUE DE VILLEPIN A LA HALLE FREYSSINET LE SAMEDI 19 JUIN 2010

 

Merci d’être là. Merci d’être venus si nombreux. Quel formidable engagement pour fonder tous ensemble notre mouvement : République Solidaire.

Je sais que vous êtes venus de loin, de partout en France, de métropole et de l’Outre-mer, comme d’ailleurs.

En ce 19 juin, vous marquez, par votre présence, une conviction qui est celle de tous les hommes libres : notre destin est entre nos mains. Oui, dans la longue histoire de notre pays, c’est toujours du rassemblement qu’est né le changement.

C’est une poignée de citoyens qui en juin 1789 donnèrent la force aux Etats Généraux de résister face à l’absolutisme.

Ce sont des artisans et des ouvriers qui se levèrent  en 1830, pour défendre la liberté de la presse.

Ce sont des républicains de tous les horizons qui, en juin 1881, enracinèrent la République par l’école gratuite et la liberté de réunion.

Ce sont des hommes de cœur de tous bords qui se dressèrent contre l’injustice faite à un petit capitaine de l’armée française parce qu’il était juif.

Alors, que tous ceux qui, dans notre pays, pourraient se laisser gagner par le fatalisme, par le cynisme ou l’indifférence, puissent en nous regardant ici, cet après-midi, se convaincre que quelque chose se lève à nouveau en France, quelque chose qui ne cessera, au fil des mois, de grandir.

Car au cœur de notre histoire, il y a une ambition plus forte que la politique, il y a l’amour de la France.

Car même dans l’épreuve, la France est toujours capable de se redresser. N’oublions pas qu’il y a soixante-dix ans, en 1940, des hommes, des femmes, jeunes ou moins jeunes, répondaient à l’appel d’un général inconnu, prêts à tout abandonner, leur foyer, leur terre, pour reconquérir l’essentiel.

Reprenons aujourd’hui ce flambeau de la fidélité républicaine. Reprenons ce flambeau de justice et de liberté, reprenons ce flambeau d’un rêve toujours vivant. La France, aujourd’hui encore, nous rappelle à notre devoir.

Nous, citoyens rassemblés, de toutes origines, de toutes conditions, pour dire une seule chose : nous voulons vivre ensemble, rebâtir une nation et incarner une certaine idée de la France.

Nous, citoyens debout, attachés à notre différence, sans place réservée dans la République. Nous, libres, égaux, même si parfois orphelins de la République, chaque fois qu’un de ses enfants est privé d’une chance, privé d’un emploi, d’un regard, parce qu’il n’a pas le nom ou la couleur de peau qu’il faut.

Nous, irréductibles, insoumis parce que nous croyons en la République.

Parce que nous pensons qu’une alternative est possible, qu’une autre voie est possible. Grâce à vous.

Mais, pour cela, chers amis, nous devons dire la vérité aux Français.

Pour cela, j’ai voulu aller à la rencontre des Français, à Bergerac, à Bondy, à Mantes la Jolie, en Bourgogne ou dans le Finistère, à Lille, à Strasbourg, à Toulouse, Bordeaux ou Marseille.

Et j’ai vu l’humiliation d’ouvriers qui ont construit une vie de travail et qui du jour au lendemain sont expulsés de leur usine, comme s’ils avaient moins de prix que les machines et les stocks.

J’ai vu l’angoisse de mères seules qui n’arrivent plus à faire face à toutes leurs tâches pour donner un avenir à leurs enfants.

J’ai vu le désespoir d’agriculteurs condamnés à travailler toujours plus, pour presque rien.

J’ai vu, à l’heure de la valse des milliards pour sauver les banques, la colère de tous ceux qui ont le sentiment de devoir payer pour une crise dont les responsables se tirent toujours à bon compte.

Comment les Français ne seraient-ils pas déboussolés, fatigués, exaspérés, sous la pression du chômage, sous la pression de la peur du déclassement et de la baisse du pouvoir d’achat ?

Aujourd’hui, tous les repères se brouillent. La crise a ruiné des Etats, des entreprises, des pans entiers de nos vieilles économies. Elle menace notre monnaie.

On voulait croire le marché infaillible, il ne l’est pas.

On voulait croire que les Etats ne feraient pas banqueroute. Ils le peuvent.

On voulait croire que le progrès règlerait tous nos problèmes. Hélas, l’état de notre planète, le réchauffement climatique, les marées noires,  montrent qu’il n’en est rien.

On voulait croire que nous dominions la nature. Les tempêtes et leurs dégâts nous montrent qu’il n’en est rien. Et je voudrais que nous ayons ensemble une pensée fraternelle pour les victimes des inondations dans le Var.

Si nous n’y prenons garde, l’impatience deviendra colère et la colère violence.

Le désespoir des ouvriers grandit par flambées soudaines lors des séquestrations de patrons, lors de menaces désespérées de destruction de leurs propres machines.

La fatigue et le stress au travail épuisent, sous l’effet d’une course au profit toujours plus grande.

Les écarts de salaire se creusent. Et aux injustices sociales s’ajoute l’injustice morale quand ce sont toujours les mêmes – ouvriers de l’industrie, agriculteurs, salariés précaires, les jeunes et les classes moyennes- qui payent un si lourd tribut à la crise.

La vérité, c’est que nous sommes à un tournant de l’histoire. Rien ne sera jamais plus comme avant.

Le monde change. Je l’ai vu de New York à Shanghai, de New Delhi à Casablanca. La mondialisation est une véritable révolution économique à l’échelle de la planète.

Un nouveau monde apparaît sous nos yeux. Un  nouveau monde d’où émergent de nouvelles puissances, la Chine l’Inde, le Brésil. Des pays qui consomment, qui produisent, qui financent nos déficits.

Un nouveau monde du numérique qui modifie en profondeur les façons de produire, de consommer, de créer, de vivre.

Un nouveau monde de la rareté où tout peut devenir source de conflit, si on ne fait pas l’effort de la régulation concertée qu’il s’agisse de l’eau, de l’énergie ou des matières premières.

Ce monde est un monde dangereux de déséquilibres de croissance, de déséquilibres démographiques, de déséquilibres financiers.

Entre des puissances émergentes qui accumulent le capital et nous qui le dilapidons.

Entre des banques qui risquent  des montants considérables et des Etats qui payent pour leurs excès.

Dire la vérité, c’est assumer des choix.

C’est reconnaître qu’il faut regarder les choses en face. Oui, il y  a un risque sérieux que la zone euro se disloque.

C’est reconnaître que nous sommes en train de décrocher irrémédiablement par rapport à l’Allemagne, sur les exportations comme sur les finances publiques et sur le modèle économique même. Ce qui pourrait briser l’unité européenne source de paix et de prospérité depuis cinquante ans.

C’est reconnaître qu’il ne sert à rien de mener les combats d’hier dans le monde d’aujourd’hui. Il faudra opérer des reconversions indispensables pour transformer notre modèle économique et mettre en valeur nos savoir-faire.

Dire la vérité, c’est dire que la France risque de n’être plus qu’une puissance secondaire et fragile si nous cédons au renoncement.

Dire la vérité, c’est dire que notre système politique, économique et social est à bout de souffle.

Dire la vérité, c’est dire qu’il faudra dix ans d’effort pour nous redresser.

Reprenons en main notre destin

Car nous sommes confrontés à un déni de réalité, avec un écart toujours plus grand entre le discours et les actes, entre ce que vivent les Français et ce que disent nos dirigeants.

La récession ? Mais quelle récession ? Que penser d’une politique qui semble nier l’évidence que les Français vivent au quotidien, entre chômage, précarité et fins de mois difficiles ?

La rigueur ? Mais quelle rigueur ? Que penser d’une politique qui refuse les mots qui fâchent et qui tient sur la ligne Maginot des promesses de 2007 : pas plus d’impôts, pas plus d’impôts.

Le chômage ? Cela ira mieux ! c’est certain, nous dit-on. C’est facile quand on a pour toute politique de mettre un cierge à une croissance miraculeuse.

Les déficits publics ? Peut-on vraiment se satisfaire de comptes virtuels qui veulent nous faire croire que tout sera réglé demain ?

La dette de la France ? Pourquoi s’inquiéter pour quelques centaines de milliards de plus ?

En réalité il y a là un abandon, une défaite de la politique.

Comment pourrions-nous accepter une telle défaite ?

Nous n’acceptons pas que soit démonté brique à brique ce qui fonde notre République Démocratique et Sociale, née dans l’épreuve au sein du Conseil National de la Résistance.

Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement laisse filer les déficits et la dette au prix de graves inégalités. En cinq ans, la France sera mise à la merci de ses créanciers.

Nous n’acceptons pas que l’Etat puisse se mettre au service de l’intérêt particulier et que l’argent puisse prendre le pas sur l’intérêt général.

Nous n’acceptons pas  qu’on touche à l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN.

Quand la France se renie, ce n’est pas la France.

Nous n’acceptons pas la logique des boucs-émissaires, les dérives du débat sur l’identité nationale, quand tout devient prétexte à dénoncer, montrer du doigt, stigmatiser.

Nous n’acceptons pas les clivages diabolisants et les petits jeux tactiques de l’ouverture qui abaissent la politique.

Quand la France se divise, ce n’est pas la France.

Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement instrumentalise la peur de l’autre, la peur de l’immigré, la peur de l’étranger, la peur de l’islam, dans le déni de la vocation de la France.

Non, nous n’acceptons pas qu’un gouvernement se lance dans une fuite en avant sécuritaire et que le karcher tienne lieu de politique dans le déni des réalités économique et sociale.

Quand la France a peur, ce n’est pas la France.

Je me suis déjà élevé contre cet engrenage de la peur qui a conduit l’administration BUSH à la guerre en Irak après le Onze Septembre.

C’est la même logique de la peur qui règne aujourd’hui au Proche Orient.

C’est la même logique de la peur qui dissout l’Union Européenne.

Aujourd’hui, nous refusons de n’être plus que l’ombre d’un peuple. Nous refusons de devenir des étrangers les uns pour les autres.

Oui, j’entends la frustration et je sais l’inquiétude :

De ceux qui ont choisi le vote extrême le 21 avril 2002.

De ceux qui ont dit non à l’Europe libérale et lointaine lors du référendum de 2005.

De ceux qui se sentent exclus de la République et dont on ne se souvient qu’à l’occasion de violences, comme en 2005 dans les banlieues.

Le rendez-vous présidentiel de 2007 a été une occasion perdue de dénouer le drame des divisions françaises. Au lieu d’être ressoudée, la France est plus divisée que jamais.

Non, ce n’est pas ça la France.

Dans les moments difficiles, les Français se sont toujours réunis pour défendre leurs principes.

A la Révolution, la France a proclamé la liberté, l’égalité et l’aspiration à la fraternité.

Avec la République, elle a enraciné partout la solidarité.

A la Libération, elle a affirmé la dignité de l’homme, avec le droit au travail, le droit au logement et à l’éducation.

Tous les cinquante ans, la France a rendez-vous avec son histoire pour accomplir sa promesse.

Les Français disposent de créativité et d’intelligence pour relever les défis du monde.

Des ingénieurs et des chercheurs qui sont parmi les meilleurs.

Des professeurs et des médecins qui contribuent à notre rayonnement.

Des écrivains, des cinéastes, des artistes qui rencontrent le succès.

Des artisans qui ont acquis les meilleurs savoir-faire.

Tous les Français que j’ai rencontrés veulent aller de l’avant.

Des policiers, des infirmiers, des enseignants qui ne demandent qu’à remplir leurs missions.

Des agriculteurs qui veulent vivre de ce qu’ils produisent.

Des entrepreneurs et des salariés qui veulent sortir de l’ornière.

Des jeunes des banlieues et d’ailleurs qui veulent être respectés et exprimer leurs talents.

Aujourd’hui, il n’y a plus de temps à perdre pour redonner un avenir aux Français, à tous les Français. Notre feuille de route est là.

Avant tout, faisons tous ensemble le choix de la réconciliation.

Jamais les fossés entre les Français ne se sont autant creusés.

On les dresse les uns contre les autres – le privé contre le public, les précaires contre les emplois stables, les actifs contre les retraités.

D’un côté, il y a ceux qui ont des relations, ceux qui connaissent les ficelles, ceux qui s’en sortent toujours. Et, de l’autre côté, il y a ceux qui doivent attendre, ceux qui ne choisissent pas – ni leur école, ni leur hôpital, ni leur lieu de travail. Nous sommes entrés sans le dire dans un nouvel Ancien Régime.

Combien de nouvelles Bastilles à renverser ?

Les Bastilles de l’argent, d’abord. Des agriculteurs qui subissent la loi des grandes enseignes. Des écarts de salaires qui deviennent autant d’insultes pour les mal-payés. Nous voulons une Charte des salaires qui fixerait au sein de chaque entreprise l’écart acceptable entre le salaire moyen et le salaire le plus élevé.

Les Bastilles du pouvoir sont aussi dangereuses, quand ressurgit l’esprit de cour, le « deux poids deux mesures » et l’impunité ; quand les nominations procèdent plus de la faveur que du mérite. La politique ne doit pas devenir un métier d’argent. La politique n’est pas un métier, la politique c’est un engagement. Ce n’est ni le cumul des salaires, ni le cumul des mandats.

Enfin, il y a les Bastilles des discriminations. Celles qui ferment les portes de l’emploi ou du logement au gré de la couleur de peau, celles qui condamnent les femmes à la précarité, aux bas salaires, aux carrières discontinues. Il appartient aux entreprises de donner aux femmes la place qui leur revient, fût-ce au moyen d’une sanction fiscale.

Ces Bastilles, elles ne tomberont pas toutes seules. Mais nous savons, qu’une fois la première pierre tombée, les autres suivront.

Pour réconcilier les Français entre eux, nous devons réconcilier aussi les mémoires.

Mémoires d’immigrés, de pieds-noirs, d’anciens-combattant, de harkis. Mémoires blessées, à vif, prêtes à s’enflammer à nouveau à la moindre occasion. Mémoires de l’esclavage. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans le silence, comme chargés d’un secret de famille qui nous ronge. On voudrait sommer la France de choisir entre son honneur et la repentance, mais c’est un faux choix. C’est de reconnaissance qu’il s’agit.

Il faut regarder notre passé en face si l’on veut se tourner vers l‘avenir et vers le monde.

Jacques CHIRAC a su le faire avec courage dans le discours du Vel d’Hiv vis-à-vis des Juifs de France. Il a su le faire avec la commémoration de l’esclavage. Et c’est ce qu’il a tenté de faire encore en proposant le traité d’amitié avec l’Algérie. J’étais avec lui à Oran et à Alger et j’ai pu mesurer alors combien l’attente de nos deux peuples était grande.

Nous devons le faire vis-à-vis de notre histoire coloniale, et chaque fois que nous avons manqué aux valeurs et aux principes mêmes qui étaient les nôtres.

La reconnaissance oui, celle du respect, celle de l’égalité, celle de la dignité, sachant que les principes et les messages de la France ne se sont pas éteints parce que toujours, des Français se sont levés pour les faire entendre.

Et n’oublions pas, parmi les enfants de notre pays, les fils et petit-fils d’immigrés. On voudrait qu’ils renoncent à une partie d’eux-mêmes, comme expulsés de leur propre vie. Mais ce serait réduire leur identité, alors qu’ils peuvent être fiers de ces histoires, de cette histoire qu’ils portent en eux. Là encore, c’est d’abord de reconnaissance qu’il s’agit. Reconnaissance de leur existence et du lien si personnel qui les attache à la France.

Alors ouvrons nos mémoires, car les mémoires de la France sont les mémoires du monde entier.

Notre mémoire ne se résume pas à nos ancêtres les Gaulois. Quelle que soit la durée de notre histoire commune, nous sommes liés par les mêmes valeurs et le même destin qui a fait de nous par l’humanisme, les Lumières, la Révolution et la République un pionnier du monde libre.

Un quart des Français ont un de leurs grands-parents né à l’étranger. Dans nos mémoires, il y a aussi le souvenir d’Abd el Kader, de Massinissa, de l’empire du Mali ; il y a Toussaint Louverture ; il y a Félix Eboué, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor.

Et souvenons-nous que parmi les combattants de la France Libre qui firent le sacrifice de leur vie, la moitié étaient venus du Maghreb et d’Afrique, beaucoup étaient venus d’ailleurs, d’Europe et du monde.

Notre unité est faite de mots, de gestes, de célébrations qui fondent notre vie ensemble et notre espoir pour demain. Je n’ai pas oublié la victoire de 1998, lors de la coupe du monde de football, car elle nous disait quelque chose sur la France, elle faisait ressentir ce que c’est que d’être Français.

Choisir ensemble la réconciliation, c’est vouloir la République

Qui ne voit aujourd’hui que nos principes sont bafoués ?

L’égalité des chances recule quand pour de nombreux enfants les jeux sont faits dès le CP, quand l’école fait disparaître chaque année l‘équivalent de la population de  Nevers ou de Sète dans un trou noir d’élèves sans diplôme, sans qualification et sans avenir.

Les libertés reculent, quand trop de gardes-à-vue sont injustifiées, quand on retient des gamins pendant 96 heures, comme des terroristes. Quand on arrête des parents clandestins devant l’école de leurs enfants comme des malfaiteurs. Quand les fichiers et les officines prolifèrent, quand la surveillance par internet ou par les caméras menace la vie privée de chacun.

La dignité recule au royaume des prébendes et des petits plaçous, quand la menace et l’insulte s’installent au cœur du pouvoir.

La République semble avoir rendu les armes.

Que fait l’Etat ? L’Etat est affaibli, méprisé.

Les fonctionnaires en souffrent, face à une politique du rabot aveugle qui les démotive et les empêche de remplir leur mission.

Les citoyens en souffrent lorsqu’ils sont privés d’un accès équitable à la justice, à la police, aux hôpitaux.

Et que fait la Loi ? La Loi est bradée, bafouée par ceux-là même qui ont vocation de la faire respecter. Que la loi sur la burqa ne soit pas conforme à la constitution ? Qui s’en soucie ? Que la loi soit soumise à l’émotion et à la surenchère partisane, c’est inacceptable et dangereux. Une loi ne peut pas être de circonstance.  Elle doit rester la règle de notre vie commune.

Revenons donc à ce qui fait l’essence de la République.

Le respect des droits et des devoirs, le respect de l’autre. C’est ce qui nous rassemble. Regardons dans les salles de professeurs des lycées, regardons parmi les forces de l’ordre, regardons dans les laboratoires et dans les hôpitaux et nous les verrons, les preuves de l’intégration. La discrimination et l’injustice sociale sont des réalités à combattre, mais la vérité, c’est qu’à conditions sociales égales, les enfants d’immigrés réussissent aussi bien que les enfants de parents français.

Alors, reprenons notre bien commun, notre promesse républicaine.

Pour la porter partout sur notre territoire.

Dans les campagnes. Par l’accès de tous aux services publics, par le soutien à l’installation, nous aurons plus d’échanges entre villes et campagnes, plus de peuplement, plus d’activités. Car nos campagnes ne demandent qu’à revivre. Elles nous donnent l’exemple de la solidarité au quotidien, comme dans les temps exceptionnels, face aux tempêtes, dans les Landes, en Charente-Maritime, en Vendée ou dans le Var. Elles nous donnent l’exemple de l’inventivité quand on sait les défis que nos territoires ruraux ont du relever depuis la guerre, quand on sait l’enjeu d’équilibre qu’ils représentent pour notre pays tout entier.

Dans les banlieues. Sortons d’une politique condescendante, d’une politique encore empreinte de réminiscences coloniales. Reconnaissons des citoyens de plein droit ; donnons le pouvoir du changement aux quartiers, par des projets territoriaux financés par l’Etat mais élaborés et pilotés par des Conseils de quartier – comme dans la capitale. Des conseils de quartier élus au suffrage universel, travaillant en liaison avec les élus locaux, avec les associations, avec les entreprises. Reconnaissons les énergies et fédérons-les avec l’appui d’une Agence de Développement Economique, quand on sait que tant de projets ne demandent qu’à être encouragés.

Reprenons la promesse républicaine et portons-la partout dans nos écoles. Demain, l’école doit être capable de faire vivre ses principes, capable de donner à chacun sa chance, à chacun sa place, à travers une refonte de l’éducation prioritaire, en conférant aux élèves qui en ont le plus besoin un droit personnalisé, en créant un corps spécialisé d’enseignants expérimentés pour les établissements difficiles.

Ainsi, avec une République forte, nous pourrons retrouver la voix de la France.

Ainsi nous pourrons assumer notre indépendance.

Peut-on admettre que la France se courbe devant quelque président que ce soit, fût-ce le Président de la Chine ?

Peut-on admettre que la France avec les autres Etats européens suspende sa politique au verdict de la Bourse et des agences de notation ?

Peut-on admettre que la France laisse mourir ses soldats en Afghanistan dans une guerre dont elle n’a pas le courage de se retirer ?

Nous pourrons à nouveau agir avec le monde.

Cela implique d’assumer notre devoir de paix et de justice.  C’est vrai en matière de sécurité, c’est vrai pour le règlement des crises.

Au Proche-Orient, en Irak, en Iran ou ailleurs, où sont les propositions françaises ? Quel est notre engagement face au conflit israélo-palestinien devant ce drame d’un peuple palestinien sans terre et sans avenir. Oui Israël a droit à la sécurité. Oui le peuple palestinien a droit à un Etat.  Oui Israël et la Palestine peuvent vivre en paix côte à côte.

Où est notre politique africaine au-delà des élucubrations sur l’homme africain qui ne serait pas entré dans l’histoire, quand on sait les liens qui nous rattachent à ce continent si proche ; quand on sait l’enjeu que représente l’Afrique en matière politique, économique, culturelle ?

La vocation de la France c’est d’être un trait d’union entre l’est et l’ouest, le nord et le sud, c’est d’apporter son expérience et sa vision, c’est d’être fidèle à ses valeurs, soucieuse de faire progresser partout les droits de l’homme.

Agir, c’est aussi défendre notre ambition. Partout, je rencontre nos entrepreneurs. Je sais leur énergie, leur ténacité pour développer des marchés, pour prendre des initiatives ou innover. Mais il leur faut plus de soutien de la part de l’Etat, pour accompagner les filières d’excellence, pour développer les pôles de compétitivité, pour faciliter les financements.

Agir c’est valoriser tous nos atouts.

Mesurons bien ce que l’Outre-Mer apporte à la France de passion, de richesse, d’influence du Pacifique aux Caraïbes, de l’Océan Indien à l’Atlantique Nord.

C’est cette richesse qui fait de notre pays un pays-monde.

C’est cette richesse qui fait de la France sur les cinq continents un pays à la fois singulier et universel.

Prenons également conscience de l’importance de la francophonie, qui est un outil de dialogue, de paix et de prospérité à travers le monde, montrant qu’il n’y a jamais de fatalité au choc des civilisations.

Agir, c’est enfin relancer une Europe affaiblie et désunie.

Une Europe entraînée par la France et l’Allemagne qui doivent être capables de surmonter leurs divisions. Sans eux rien ne se fera.

Une Europe qui doit s’affirmer pionnière de la régulation, soucieuse de sa gouvernance économique, renouant avec de grands projets au service des citoyens, notamment en matière de défense.

Pour peser sur ces choix, nous avons un devoir d’engagement.

Pour réhabiliter la politique, il faut imaginer un mouvement neuf.

Un mouvement indépendant. Non pas un parti de plus, mais un mouvement de mission. Un mouvement qui ira à la rencontre des Français et en particulier de tous ceux qui sont orphelins de la République.

Tous les Français qui, élection après élection, ne votent plus. Une moitié de la France.

Tous les Français qui ne se sentent plus représentés par les partis politiques et qui veulent retrouver tout leur rôle et toute leur place.

Tous les Français qui ont le sentiment que leur parole a été confisquée et qui veulent se faire entendre.

Un mouvement de rassemblement, au-dessus des partis, ouvert à tous, quelques que soient nos origines, quelles que soient nos croyances, quels que soient nos engagements. Certains d’entre vous viennent d’horizons très différents, droite, centre ou gauche : gaullistes, libéraux, centristes, socialistes, communistes.

Enfin, un mouvement d’alternative.

Une alternative est nécessaire, car tout le monde voit que la politique menée aujourd’hui ne donne pas les résultats espérés.

Je suis issu de la majorité. Mais, comme une majorité de Français, je ne me reconnais pas dans le discours, je ne me reconnais pas dans les décisions prises aujourd’hui par le gouvernement.

Notre mouvement veut offrir cette alternative. Il se veut une force d’action et de proposition.

Une alternative est indispensable, car les Français voient bien, d’une alternance à l’autre, l’épuisement des jeux politiciens. Ils veulent sortir de l’impasse :

Quand les socialistes refusent de voir la réalité en face, refusent d’assumer les réformes indispensables en s’en remettant aux vieilles recettes et avec pour seul projet une société de l’impôt et de l’assistance, alors que les Français veulent construire une société de l’autonomie.

Oui, je veux croire aujourd’hui que la France est prête à s’éveiller.

Je veux croire que notre mouvement incarnera cette aspiration, cette ambition.

Ce mouvement j’en prends la présidence. J’en mesure toute l’audace, toute la gravité.

Mais à 56 ans, je ne m’engage pas par ambition, encore moins par opposition à qui que ce soit. J’ai écarté toute rancune. Je m’engage parce que je pense que les Français ont besoin d’une autre voix.

Je m’engage riche d’une expérience auprès de Jacques CHIRAC, dont le combat a été de tracer une voie d’équilibre et d’intérêt général. Jacques CHIRAC dont l’action politique s’est toujours nourrie de volonté, de générosité et d’humanité.

Je m’engage fidèle à mes choix de toujours et par passion du service de la France que j’ai eu l’honneur de défendre sur la scène internationale, partout sur le terrain des crises, en Afrique, au Moyen Orient, jusqu’à la tribune de l’ONU en 2003.

Je m’engage fier de mon bilan comme chef du gouvernement entre 2005 et 2007 :

En deux ans, avec Jean-Louis BORLOO et Gérard LARCHER, nous avons conduit la bataille pour l’emploi et réussi à réduire de 600 000 le nombre des chômeurs et à obtenir le taux de chômage le plus bas depuis vingt ans.

En deux ans, avec Thierry BRETON et Jean-François COPE, nous avons réussi à réduire nos déficits de 20 milliards d’euros et amorcé une baisse historique de l’endettement public.

Je m’engage en en connaissant le prix, l’échec, avec le CPE – et j’en ai tiré les leçons : il ne suffit pas de croire qu’une idée est juste ; il ne suffit pas de vouloir d’en haut pour qu’une idée chemine- le prix c’est aussi la calomnie que j’ai affrontée avec Clearstream.

Mais ma détermination est

Renforcée par mes rencontres avec les Français aux quatre coins de la France.

Renforcée par le courage de nos amis parlementaires et élus,  et de Brigitte GIRARDIN, qui a accepté de devenir secrétaire générale de notre nouveau mouvement. De Marie-Anne MONTCHAMP, notre porte parole.

Plus que tout, ma détermination est renforcée par votre enthousiasme et votre mobilisation.

J’ai besoin de vous.

J’ai besoin de votre force pour porter notre espérance commune.

J’ai besoin de votre courage pour changer le cours des choses.

J’ai besoin de votre passion pour engager le  sursaut de la France.

Car nous croyons au destin de la France.

Nous sommes dans le temps de l’urgence, du courage et des choix refondateurs.

Face à la défiance généralisée qui paralyse notre pays, nous devons restaurer la confiance. Confiance dans nos institutions, confiance dans l’avenir, confiance dans notre modèle économique social. Face à la défiance, nous avons un devoir de propositions :

D’abord, et comme en d’autres temps de notre histoire, la France doit retrouver une vraie capacité de décision. Et pour cela la première réponse doit être institutionnelle. Notre système est devenu inefficace, sens dessus dessous. Regardez la concentration et la confusion des pouvoirs. Elles nous condamnent à la demi-mesure et à la demi-réforme.

Nous avons besoin – j’en ai acquis la conviction – de responsabilité :

Un président au-dessus de la mêlée qui assume pleinement son rôle de guide, de garant et d’arbitre, qui s’engage dans la durée sur les priorités essentielles au service de l’intérêt général.

Un premier ministre qui doit affirmer son rôle d’impulsion, de coordination du gouvernement et de l’administration.

Des ministres réellement patrons de leurs administrations, chargés de mettre en œuvre les réformes et qui ne soient pas aux ordres de conseillers politique de l’Elysée sans légitimité politique.

Un Parlement pleinement souverain avec une Assemblée Nationale dégageant des majorités fortes et un Sénat élu à la proportionnelle sur une base régionale.

Un Conseil Economique et Social qui remet la société civile au cœur de l’Etat et qui doit devenir la grande assemblée du dialogue social, chargée d’éclairer et de se prononcer avant toute réforme de notre droit social.

Nous avons également besoin d’indépendance.

Il n’est que temps, pour redonner aux Français confiance et foi dans leur justice, il n’est que temps de rompre le lien hiérarchique entre le Parquet et le pouvoir politique.

Enfin nous avons besoin d’une information libre, nous avons besoin de journalistes qui alertent, à l’heure où les médias font l’objet de tant d’attentions et de convoitises. Plus de connivence, plus de conflits d’intérêts : il faut interdire aux groupes dépendant étroitement de la commande ou de la régulation publique de posséder directement ou indirectement des médias.

Nous devons assumer une rigueur juste et partagée pour retrouver notre souveraineté.

Un effort à la hauteur de nos déficits à travers une baisse ciblée des dépenses, bien sûr, mais aussi une augmentation de la fiscalité.

Un effort crédible suppose une vision à l’horizon 2020. Disons-le clairement, nous avons besoin de temps. Nous avons besoin de dix ans. C’est le délai nécessaire pour effectuer les réformes sans brutalité et avec justice. Nous avons besoin d’un calendrier contraignant. Cet engagement sera d’autant plus crédible qu’il aura été inscrit dans la constitution une bonne fois pour toutes et pas par un bail renouvelable tous les cinq ans.

C’est enfin un effort partagé équitablement et socialement acceptable. Chacun contribuera, mais au niveau de sa capacité.

Les plus riches devront faire un effort particulier ce qui suppose une réforme fiscale d’envergure qui préserve le travail et garantisse la progressivité : augmentation de l’imposition des grosses successions, création d’une nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu pour les plus riches, en contrepartie de la suppression de l’ISF, surcote de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises épargnées par la crise et suppression du bouclier fiscal. C’est comme cela que nous enverrons un signal clair à tous les Français.

Tous les Français devront apporter leur contribution. La plus juste socialement et la plus efficace économiquement passera par une augmentation de la durée légale du travail. Nous devons revenir, ce qui n’a jamais été fait, sur la loi des 35 heures, mais cela suppose une autre conception du travail, associant plus de souplesse, plus de liberté, plus de garanties. Parce que le travail aujourd’hui, c’est au-delà du temps de travail effectif, un temps nécessaire de formation et un meilleur équilibre au sein du travail comme avec la vie privée. Parce que le travail aujourd’hui doit davantage prendre en compte préventivement la pénibilité, l’usure physique et psychique, en particulier pour ceux qui sont en travail de force, en travail posté ou en travail de nuit.

Cette rigueur, si nous voulons qu’elle porte ses fruits, doit s’inscrire dans une démarche européenne, à l’heure où l’Europe traverse une de ses crises les plus graves.

Elle a besoin d’une vision. Aujourd’hui l’Europe n’a plus de boussole. Aujourd’hui l’Europe donne le sentiment que la préservation des intérêts des peuples d’Europe passe souvent derrière la défense de dogmes ultralibéraux : politique de la concurrence, démantèlement de nos monopoles de services publics, dérégulation du marché agricole. Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est changer radicalement d’orientation avec nos amis allemands.

Nous avons besoin d’un véritable patriotisme économique européen qui défende les intérêts de nos entreprises et de nos salariés.

Enfin, sur des sujets aussi stratégiques pour la France que l’énergie ou l’agriculture, l’Europe doit aujourd’hui mieux prendre en compte nos spécificités. Dans ces domaines vitaux, nous nous faisons imposer des mesures contraires à l’intérêt national. Nous devons être sans concessions pour défendre notre souveraineté.

L’Europe a besoin d’un centre, elle a besoin d’un moteur. Ce doit être un couple franco-allemand rénové. Français et Allemands, nous devons aller plus loin dans un esprit d’égalité. Nous devons assumer toutes nos responsabilités, ce qui veut dire plus de coordination des politiques économiques et budgétaires, plus d’harmonisation sociale et fiscale.

Mais, la principale bataille aujourd’hui est, plus que jamais, la bataille de l’emploi, face à un chômage qui frappe durement les Français.

La croissance, c’est l’emploi. C’est pourquoi, dans ces dix années, nous devons stimuler la croissance par tous les moyens.

Il n’y aura pas de croissance sans investissements productifs pour développer la qualité de nos infrastructures et notre attractivité.

Il n’y aura pas de croissance sans innovation et pas d’innovation sans éducation. Soyons clairs, les économies qui seront à faire ne devront pas toucher à ce domaine stratégique. Prenons un engagement pour les dix prochaines années et sanctuarisons le budget de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche avec une loi pluriannuelle.

Il n’y aura pas de croissance sans une industrie forte. Or il y a de grands  secteurs, où nous avons la capacité d’être leaders, l’énergie, le secteur des technologies de l’information et de la communication, sans parler des industries culturelles et du tourisme.

L’emploi, c’est baisser le coût du travail, ce qui suppose une réforme du financement de la protection  sociale, qui pèse lourdement sur les salaires aujourd’hui. Transférons massivement les charges sociales des cotisations vers d’autres sources de financement : prélèvements directs sur les revenus, taxation spéciale des revenus du capital.

L’emploi, c’est enfin un véritable droit à l’emploi à travers une sécurisation des parcours professionnels offrant à chacun formation, accompagnement vers la qualification et indemnisation en cas de chômage.

Je vous l’ai dit, j’ai tiré les leçons du CPE. Mais je ne me suis jamais résolu à baisser les bras devant le chômage des jeunes. Cela reste l’injustice la plus criante dans notre société. C’est la cause principale de la perte de confiance des Français dans l’avenir. N’y allons pas par quatre chemins et proposons une mesure simple : dans chaque entreprise de plus de 500 salariés, nous devons avoir un pourcentage minimum de jeunes de moins de 25 ans au travail. Cela permettra à des jeunes, y compris en formation, en apprentissage, de surmonter cette barrière infranchissable, du premier emploi.

Nous avons aussi le devoir d’agir pour préserver notre modèle social, ciment de notre communauté nationale. Il est aujourd’hui menacé par la crise et par le vieillissement de notre population.

Il y a bien sûr la question des retraites.

Une réforme est nécessaire. Allonger la durée de temps de travail, on ne peut pas faire autrement quand l’espérance de vie s’est tant allongée. Aligner public et privé, c’est une mesure d’équité dans notre pays.

Mais je regrette vivement que la réforme n’aille pas assez loin dans la justice, concernant les carrières longues, les carrières discontinues et la garantie des petites retraites avec une sollicitation réelle des hauts revenus et de ceux du capital.

Je regrette que le gouvernement ne privilégie pas l’allongement de la durée des cotisations sur le report de l’âge légal de départ à la retraite.

Je regrette surtout qu’on s’arrête au milieu du chemin et qu’on ne sécurise pas durablement et complètement les retraites à l’horizon de 20 ans. En l’état du projet, une nouvelle réforme sera nécessaire en 2020.

J’en ai la conviction, c’est seulement par le courage et la justice que nous pourrons conduire dans le rassemblement les réformes sociales dont le pays à besoin.

Nous proposons d’avancer vers un régime unique pour tous les Français, y compris les fonctionnaires, un régime par points, où chacun pourra se constituer ses droits à la retraite et avoir accès à une retraite à la carte.

Nous proposons que la réforme s’inscrive dans un véritable projet de société portant sur l’emploi des jeunes, des femmes, des seniors, ceux-là même qui souhaiteraient travailler plus longtemps.

Plus encore que sur les retraites, il y a urgence à agir pour sauver l’assurance maladie. Je dénonce cette loi du silence qui conduit à accepter des déficits abyssaux et à renvoyer à l’après 2012 des réformes qui risquent de devenir impossibles. Nous ne voulons pas d’une médecine à deux vitesses. Cela suppose des économies bien sûr, mais, il faut avoir le courage de le dire, des financements nouveaux.

Enfin, face à la crise de civilisation dont nous prenons tous conscience avec le réchauffement climatique, nous devons enclencher un profond changement de mode de vie et de modèle économique.

Cela suppose une démarche de rassemblement, comme dans l’esprit originel du Grenelle de l’Environnement. Cela suppose de réconcilier écologie et progrès, pas seulement le progrès économique, pas seulement le progrès technologique, mais au premier rang le progrès social.

La France est aujourd’hui un champion dans le domaine de l’énergie, disposant de quatre fleurons mondiaux. Nous avons tous les moyens pour être les leaders mondiaux du nucléaire. Favorisons aussi l’émergence d’un cinquième géant mondial dans le secteur des énergies renouvelables. Développons nos atouts dans les solutions technologiques environnementales.

C’est de mode de vie qu’il s’agit. Allons vers des villes durables, en développant des modes de transport collectifs. J’ai une conviction, c’est que nos moyens de circulation ne seront pas les mêmes dans dix ans que ceux d’aujourd’hui. Misons largement sur les transports collectifs et les voitures propres.

***
Mes chers amis,

Nous sommes, c’est vrai, dans un temps d’incertitude, de difficulté, mais c’est aussi un temps d’espoir.

Nous sommes dans un temps de faiblesse du pouvoir, de faiblesse de l’Europe, mais c’est aussi le temps du sursaut.

C’est dans cet esprit que je propose à tous les républicains un engagement solidaire pour la France des dix prochaines années qui pourrait rassembler une large majorité de Français pour redresser l’Etat, pour raffermir la République, pour relever la Nation.

Alors oui, ensemble, relevons le défi d’une politique aux couleurs de la France, une politique qui rassemble, qui redresse et dont nous soyons fiers.

Ensemble, retrouvons le véritable horizon de la République, celui de l’égalité, de la liberté, de la fraternité pour chaque citoyen.

Ensemble relevons l’esprit de la France, d’une République sans murs, sans fossés, sans oubliés, d’une République qui tend les mains, d’une République qui donne des chances, qui donne une voix, qui donne un espoir à ceux qui n’en ont pas.

Ensemble bâtissons une République pour tous, une République solidaire, dans l’honneur et dans l’espoir.

Vive la République.

Vive la France.










jeudi 4 mars 2010

Dominique de Villepin à l'écoute du monde agricole et de la province dont la Normandie

A l'occasion du salon de l'agriculture, Dominique de Villepin s'est mis à l'écoute des éleveurs, des cultivateurs et des producteurs de toute la France. Face à une crise sans précédent et un sentiment de ne pas être suffisamment considéré, nombreux sont les acteurs du monde agricole et agroalimentaire qui ont exposé à Dominique de Villepin leur fierté de contribuer à l'essor économique de la France et de l'Europe, ainsi que leur souhait de vivre dignement de leur travail en proposant aux consommateurs des produits de qualité et respectueux de l'environnement. Longues haltes aux stands des produits régionaux dont les fromages AOC Normands qui font la renommée de l'Orne et du pays d'Argentan - et une partie de nos emplois - photos avec les enfants, bousculades de journalistes, échanges approfondis avec les producteurs. A l'aise avec les animaux, chaleureux et disponible avec les hommes, une visite qui ancre un homme dans un paysage. Ce fut un véritable plaisir de l'accompagner.
http://www.dailymotion.com/video/xcfyfj_le-show-de-villepin-au-salon-de-l-a_news

jeudi 7 janvier 2010

Philippe Séguin, un inlassable défenseur de l'intérêt général et un homme d'honneur

Philippe Séguin était une personnalité hors du commun. Son indépendance d'esprit et sa fidélité aux valeurs républicaines en faisaient un homme politique à part, un homme d'honneur. Sa seule ambition était de servir la France. Il lui restera fidèle jusqu'à desservir la réalisation de son propre intérêt. Son courage et son honnêteté intellectuelle étaient exemplaires. Les mots liberté égalité fraternité laïcité et indépendance résumaient à son sens pleinement notre identité culturelle. Républicain intransigeant, partisan d'un état qui régule et qui impulse, défenseur de l'indépendance nationale, de l'Europe des nations et de la place singulière de la France dans le monde, ce gaulliste social avait la passion de l'intérêt général. Il m'avait fait l'honneur de venir m'apporter son soutien, c'était en 1998 à Fontenai-sur-Orne et il restera pour moi une lumière qui brille dans le monde souvent ténébreux de la politique.

Sa disparition me marque profondément car je lui dois ma formation intellectuelle. Parallèlement à mon engagement aux côtés de Jacques Chirac en 1994, je faisais partie des équipes de Philippe Séguin de 1994 à 2001, en tant que membre du bureau du RAP (Rassemblement pour une Autre Politique) , formation politique qu'il avait créé pour conquérir le RPR - ce qui fut fait en 1997 - puis rédacteur en chef de Graph Magazine (mensuel des jeunes RPR) et directeur de l'école des cadres du RPR. C'est à cette période que j'ai commencé à travailler avec François Fillon. Localement, j'étais le séguiniste de l'étape. Je ne suis donc pas le vilain petit canard de la droite ornaise depuis peu. Pour la petite histoire, Philippe Séguin souhaitait un profond renouvellement lors des élections régionales de 1998. Face à la résistance des élus dans l'Orne, il avait décidé de ne pas venir leur apporter son appui localement. Mais, comme il s'était engagé auprès de moi à me soutenir sur le terrain lors de mon premier engagement électoral sur le canton d'Argentan Ouest, il vint finalement dans l'Orne, dans le canton, mais sa visite fut complètement récupérée et phagocytée par les barons locaux du RPR.


Ces dernières années, Philippe Séguin aura mis à profit son retrait de la vie politique active pour donner un rôle inédit à la Cour des Comptes. Jusqu'au bout, jusqu'à la fin, il aura été un inlassable serviteur de l'état. Il m'aura appris à me tenir debout face à l'adversité, à demeurer un homme libre et à ne pas transiger sur l'essentiel. Puisse son souvenir se transformer en héritage et que ceux qui porteront le flambeau soient à la hauteur de l'exigence morale de cet homme d'état.




lundi 21 décembre 2009

L'échec cuisant de Copenhague marque l'affaiblissement de la France de 2009 sur la scène mondiale

Nous avions tous porté l'espoir que face à l'urgence climatique et à la fracture planétaire Nord-Sud, la communauté internationale s'engage résolument à l'occasion du sommet de Copenhague, vers un développement durable à l'échelle mondiale.

La France, naturellement, devait jouer un rôle majeur pour favoriser l'émergence d'un accord digne de ce nom. En effet, notre pays jouit d'une influence extrêmement positive en terme de développement durable, y compris auprès des opinions publiques internationales, depuis que Jacques Chirac s'est imposé comme le leader qui a mis au cœur du concert des nations l'urgence écologique. L'ancien président de la République aura su favoriser la prise de conscience internationale tant des pays en voie de développement que des pays émergeant ou des pays les plus avancés. Qui ne se souvient du retentissement encore perceptible de la phrase d'ouverture de son intervention à Johannesbourg en septembre 2002, alors que Dominique de Villepin était ministre des affaires étrangères, lors du Sommet de la Terre: "la maison brûle et nous regardons ailleurs".

De 2002 à 2007, notre pays aura été on ne peut plus actif au niveau national, européen et mondial, en particulier sous les gouvernements de Dominique de Villepin: loi de programmation de l'énergie de juillet 2005 avec objectifs chiffrés de baisse des émissions de gaz à effet de serre, actualisation du plan climat lors du comité interministériel du 13 novembre 2006, rôle d'entraînement lors du sommet européen sur l'énergie de mars 2007 qui fixe des objectifs plus contraignant que les engagements de Kyoto, mobilisation en faveur de la création de l'Organisation des Nations Unis pour l'Environnement.

Depuis, des progrès substantiels ont continué à être réalisés au niveau national, en particulier lors du Grenelle de l'environnement et grâce au talent de Jean-louis Borloo.

Néanmoins, sur la scène internationale, depuis deux ans, l'édifice diplomatique construit au fil du temps, avec conviction, détermination et habileté, a subi des secousses qui ébranlent ses fondations. Notre capital d'influence a littéralement était dilapidé. On n'agit pas impunément à l'international avec désinvolture, provocation, et force coup de menton et autre jeu personnel.

Une négociation au niveau des chefs d'états, malgré toutes les qualités de nos diplomates de carrière, exige de la part même de son chef des compétences qui ne peuvent émerger sans l'intelligence appuyée par l'expérience et la longue préparation des choses.

La montagne Copenhague aura accouché d'une souris mort-née. La très vague et très décevante déclaration d'intention qui sort du sommet de Copenhague, marque l'échec total d'un sommet qui n'aura d'historique, que l'invraisemblable agitation désordonnée de la France, agitation alliée à des indélicatesses diplomatiques. La forte baisse de l'influence de la France de 2009 sur la scène mondiale est désormais patente. Malheureusement pour notre pays et on peut le penser, pour le monde, rien ne garantit un rebond, bien au contraire.

Le président français avait lui-même fixé les conditions pour considérer que le sommet soit une réussite. Au final, il manque trois des quatre conditions fixées: pas d'organisation mondiale de l'environnement, pas d'objectif chiffré de réduction des gaz à effet de serre, aucune assurance réelle quant aux modalités d'appui financier aux pays en développement.

Depuis 2007, la France, contrairement à ce que la propagande martèle, se ridiculise sur la scène mondiale. S'il fallait que notre vanité dût en souffrir, nous n'aurions qu'à ravaler notre morgue. Mais l'enjeu est tout autre, car finalement c'est notre sécurité au sens le plus large, écologique sociale économique culturelle et extérieure, qui pourrait être amenée à évoluer sur une pente dangereuse.

N'est pas Dominique de Villepin ou Jacques Chirac qui veut.

vendredi 4 décembre 2009

Je ne suis pas et je ne serai jamais un godillot


« Je ne suis pas et je ne serai jamais un godillot »

ARGENTAN-POLITIQUE / Xavier Jaglin fait le point / Interview réalisée par Christophe Rivard / publiée dans l'édition du Journal de l'Orne du 3 décembre 2009

Alors que députés et sénateurs UMP commencent à faire entendre des voix dissonantes, le conseiller général d’Argentan-ouest, Xavier Jaglin, lui-même ancien UMP, rappelle que c’est l’attitude qu’il a adoptée dès 2007. Rencontre.

Xavier Jaglin estime avoir eu raison trop tôt en dénonçant le décalage entre l'UMP de Nicolas Sarkozy et l'UMP telle que la conçoivent bon nombre d'élus

- Quel regard portez-vous sur les élus UMP qui, aujourd’hui, commencent à faire entendre leur désaccord vis-à-vis de la politique gouvernementale ?

- Je me félicite que des voix de plus en plus nombreuses au sein de l'UMP s'élèvent pour dénoncer certaines dérives du régime actuel. Pour ma part, je ne suis pas et je ne serai jamais un godillot. Que certains élus poursuivent des plans de carrière ou la quête d’une reconnaissance sociale, cela les regarde. En ce qui me concerne, je suis entré en politique pour défendre des valeurs, celles de la République, et les habitants d’un territoire, l’Orne et le pays d’Argentan. Rien ni personne ne m’amènera à trahir mes engagements, ni un parti politique, ni un leader qui voudrait nous conduire hors des chemins de l’intérêt général. La défense des habitants de l’Orne et du pays d’Argentan, de leur condition et de leur cadre de vie sont mes objectifs. Les valeurs de liberté d’égalité de fraternité de laïcité de solidarité de tolérance de responsabilité et indépendance sont les phares qui guident mon action.

- Des exemples ?

- Je ne renierai jamais ni mes valeurs ni mes engagements. Des compromis oui, des compromissions, non ! C’est vrai en matière de politique nationale mais également en matière de politique locale. Pour ce qui a trait à la construction d’une route fluide et de bonne qualité vers Paris, je ne lâcherai rien et je me battrai jusqu’au bout coûte que coûte, car c’est une condition nécessaire au développement économique, à l’emploi et finalement à l’amélioration des services apportés aux habitants du pays d’Argentan. De la même manière, je continuerai inlassablement à défendre la constitution d’une connexion intermodale ferroviaire et routière à Argentan et la création d’un pôle logistique dédié comme je le fais depuis 10 ans. Je pourrais mettre en œuvre concrètement ces dossiers lorsque les électeurs me donneront le poids politique suffisant.

- Ce qui vous a amené à vous démarquer de l’UMP ? …

- Pour ce qui a trait à la politique nationale, je n’apprécie pas le bling-bling et la courtisanerie de certains, mais je pourrais m’en accommoder. En revanche, l’inaction face à la faillite annoncée de notre système de santé et de retraite et face à l’augmentation de la pauvreté, la dérive sans précédent des finances publiques, l’alignement de la France sur une politique américaine d’avant Obama, je ne l’accepte pas. Je ne m’excuserai pas d’avoir eu raison trop tôt. Alors, concernant mes distances prises avec l’UMP il y a 3 ans, de quoi suis-je accusé finalement ? D’avoir été clairvoyant ! En effet, que reste-t-il des promesses de 2007 ? Où est l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité, la justice sociale ? Nulle part. Avant même la crise financière, nous étions en recul sur tous les fronts.

- Ce qui vous a amené à être mis au ban dans le département…

- Que me reproche-t-on ? D’avoir eu le courage de défendre mes convictions et mes engagements ? Et bien j’en suis fier. Je préfère me tenir debout seul plutôt que de protester aimablement en groupe sur la politique conduite, pour finalement courber l’échine, allant jusqu’à accepter que l’UMP signe un accord avec le parti communiste chinois, cet appareil totalitaire qui dirige la plus grande dictature du monde. Il y a des principes qui ne se négocient pas. La clairvoyance n’est pas un défaut. Néanmoins, je concède volontiers qu’avoir raison trop tôt en politique n’est pas nécessairement un avantage électoral. J’en veux pour preuve mes alertes sur les risques d’effondrement démographique, économique et social à Argentan ainsi que mes propositions de développer à Argentan un pôle de logistique industriel et de service pour compenser les restructurations. Alors que gouverner c’est prévoir, ceux qui n’ont pas su anticiper ni agir avec force et cohérence sont toujours aux affaires. Pire encore, moins ils réussissent, plus la précarité gagne, mieux ils sont réélus !

- Comment voyez-vous l’avenir sur Argentan ?

- Demain, ce sont les services aux personnes qui vont se dégrader à Argentan et les aides à l’animation. Par exemple, rien ne nous garantit que les loyers des résidences de personnes âgées resteront modérés. Vous verrez, les mêmes désigneront des boucs émissaires et se laveront de leurs responsabilités. Depuis plusieurs années, je dénonce la dégradation à grande vitesse des finances de la ville. L’État n’y est pour rien jusqu’à présent. La réforme de la taxe professionnelle sera le prétexte pour justifier des difficultés alors que ces difficultés sont déjà acquises aujourd’hui. Responsables à 80 %, ils désigneront du doigt un coupable à 100 %, l’état, car ils n’assument jamais. Et au final, c’est le lien social, l’humain et les plus faibles qui en pâtiront.

- Quelle solution pouvez-vous proposer ?

Il faut construire une alternative au niveau national et à Argentan. Le devoir de solidarité des membres d’une majorité ne doit pas se transformer en trahison des engagements pris face à sa conscience et face aux électeurs. Je ne mange pas de ce pain-là et j’en assume pleinement et durement les conséquences depuis 2 ans. C’est ainsi que je fonctionne et je tiendrai jusqu’à ce que les lignes bougent. Il faut bien le comprendre.

Il est vrai que je préfère la France de Chirac à celle de Sarkozy. Je préfère une France qui avance en paix mais qui avance réellement et sans désordre, qu’une France braillarde qui dans les faits recule masquée par l’agitation permanente d’un joueur de boneto. Nous sommes de plus en plus nombreux individuellement, à considérer qu’il est désormais nécessaire de constituer une alternative républicaine au régime actuel. Les lignes bougent y compris à l’UMP. Nous agirons collectivement et le cas échéant nous pèserons fortement sur le régime, y compris de l’intérieur, pour rééquilibrer les choses et favoriser le retour à une ligne politique sérieuse et cohérente. Nous nous rassemblerons et alors je retrouverai de nombreux amis de l’UMP pour redonner à la France un avenir radieux. J’en suis certain. À l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans les départements, des élus et des citoyens commencent à prendre leur liberté, des personnalités comme Dominique de Villepin s’expriment de plus en plus fortement. Je suis convaincu que les mouvements qui naissent ici et là finiront par s’unir. Puis les circonstances décideront. Il n’y a pas de bataille perdue d’avance.

Au niveau local, je m’efforcerai de rassembler le plus largement possible des citoyens de différentes sensibilités modem, centre ump, mais également ceux qui en dehors des partis politiques veulent croire que le cadre de vie et la qualité de vie à Argentan peuvent et doivent être améliorés, y compris en matière de développement durable. J’ai le cuir épais, la volonté et l’endurance nécessaire. Ce n’est ni en me laissant au fond de la classe comme certains sont tentés de la faire à Alençon, ni en s’appuyant sur une division artificielle de l’opposition à Argentan que l’on me découragera. Bien au contraire !


- Des propositions pour Argentan?

- Le développement du ferroutage, le projet du grand Paris et la construction d'une ligne TGV Paris-Normandie vont redistribuer très fortement les cartes en matière d'aménagement du territoire dans le triangle Rouen-Caen-Le Mans. Le pays d'Argentan est bien parti pour en faire les frais alors que nous sommes au centre de cette zone, y compris en matière de réseau routier ou ferroviaire. En d'autres termes, nous n'avons pas encore fini de toucher le fond malgré notre position géographique privilégiée. Que les habitants du pays d'Argentan sachent pourvoir compter sur mon engagement pour que nous ne restions pas au bord de la route à regarder les autres avancer. Ce sera difficile, mais je le répète, il n'y a pas de bataille perdue d'avance, y compris à Argentan.

lundi 23 novembre 2009

La réforme territoriale: Une nécessité très mal engagée!

Le chef de l'état a décidé d'engager une réforme concernant l'organisation territoriale de la France. Communes, structures intercommunales, pays, départements, régions forment un véritable mille feuilles qui non seulement multiplie les coûts de structures mais également favorise la dilution des actions et des moyens. C'est donc une bonne intention que cette réforme.

Une réforme qui maintient 36 686 communes n'est qu'une réformette

Néanmoins, elle porte pour l'essentiel sur l'articulation commune-intercommunalité et département-région. Ainsi, elle évite soigneusement d'aborder la question de la pertinence du maintien en France de 36 686 communes, dont plus de 10 000 comptent moins de 200 habitants. Il existe même une commune qui ne compte qu'un seul et unique habitant! Dans le département de l'Orne, la commune de Bresolettes possède une mairie, un conseil municipal de 9 membres pour 18 habitants ...

Malgré sa portée relative, la réforme territoriale telle qu'engagée suscitent une profonde grogne des élus locaux, comme en témoigne l'ambiance constatée à Paris lors de l'assemblée des conseillers généraux de France et de l'assemblée des maires de France.

Oui à la suppression de la moitié des postes de conseillers généraux et régionaux

Oui à la fusion département-région

La réforme territoriale proposée prévoit de fondre département et région dans une seule collectivité et la création d'un mandat de conseiller territorial à la place des conseillers généraux et régionaux. Le nombre de conseillers territoriaux en 2014 serait de 3000 au lieu de 6000 actuellement. Dans l'Orne nous passerions de cinquante élus (40 conseillers généraux et 10 conseillers régionaux) à une vingtaine au total. On voit bien que la diminution par deux ou trois du nombre d'élus peut créer une certaine réticence de la part de ceux – et ils sont nombreux – qui vont ni plus ni moins disparaître.

Pour ma part, je suis favorable aux principes de cette réforme

En effet, dans la France d'aujourd'hui, le principe démocratique de représentativité n'est pas respecté. Dans l'Orne, les habitants d'un canton rural de 3000 habitants désignent un élu qui aura les mêmes prérogatives à Alençon qu'un conseiller général élu sur un canton de12 000 habitants. Une telle différence de représentativité pouvant aller de 1 à 4 n'est pas acceptable. Il est nécessaire de faire en sorte que chacun jouisse de la même représentativité en harmonisant le nombre d'habitants dans les futurs cantons. C'est une règle à laquelle nous ne pouvons plus déroger, c'est une véritable exigence démocratique.

La suppression de la voie rapide entre Argentan et L'Aigle est l'expression des féodalités que permet le système actuel

De plus, il existe une très grande inertie électorale en milieu rural qui entraîne la création de véritables féodalités. Ce phénomène autorise la constitution d'une gouvernance exécrable - j'en sais quelque chose – où le pouvoir est véritablement confisqué par une minorité. La récente modification de plan routier ornais qui supprime la constitution d'une voie rapide et continue sur l'ensemble de l'axe Flers-Argentan-L'Aigle pour ne garder un passage en 2X2 voies qu'entre Flers et Argentan, en est , à mon sens, l'expression. Quelques-uns auront eu raison de la nécessaire ouverture des pays de Flers et d'Argentan au premier bassin économique de France. Or la collectivité départementale doit défendre l'intérêt général de l'ensemble du territoire et non des intérêts cantonaux. C'est une exigence républicaine que nous devons ré instituer.

Simplifier et clarifier pour plus d'efficacité et pour mettre fin au gaspillage

Enfin, toutes les collectivités s'occupant de tout, nous trouvons de nombreux doublons de structure qui engendrent des coûts de fonctionnement qui se traduisent d'une manière ou d'une autre par plus d'impôts et des efforts d'investissement réduits ou dispersés. La réunion des conseils généraux et des régions va donc dans le bon sens, pour peu que les structures de la nouvelle collectivité soit bien pensées et préservent une politique de proximité, en matière sociale par exemple.

Les arrières pensées politiciennes devront être contenues

Néanmoins, bien que favorable à une réforme territoriale, celle-ci me semble mal engagée. En premier lieu, l'élection de 80% des futures conseillers territoriaux au scrutin uninominal à un tour peut apparaître comme du tripatouillage électoral. En matière de scrutin uninominal (députés, président de la république, conseillers généraux), notre tradition est le scrutin majoritaire à deux tours. Elle permet de désigner des élus qui ont reçu l'assentiment d'une majorité des électeurs. C'est un mode de scrutin sage qui confère aux élus une légitimité beaucoup plus forte que s'ils étaient simplement désignés par une minorité. Le scrutin majoritaire à deux tours doit être conservé.

Pour conclure, il ne faudrait pas que les gains démocratiques et de renforcement de l'efficacité locale issus de la réforme territoriale soient annihilés par des arrières pensées politiciennes au niveau national, ni par la tentative de préservation de prébendes dans les départements. J'espère que le gouvernement proposera au final une réforme équilibrée et que les élus locaux accepteront de servir l'intérêt général dusse-t-il se faire au détriment de leur intérêt personnel. L'affaire n'est pas gagné d'avance!

Xavier JAGLIN - Conseiller général de l'Orne

jeudi 15 octobre 2009

Le président Chirac s'engage pour la paix

Parmi les principaux fléaux qui frappent le monde, le trafic de faux médicaments est sans doute le moins connu. Il est responsable de plusieurs centaines de milliers de morts par an et engendre des profits qui sont supérieurs à ceux du trafic de drogue...

Parce qu'il touche les plus faibles, les plus pauvres, parce qu'il crée des tensions et affaiblie les dispositifs sanitaires au sein de nombreux pays, parce qu'il s'agit d'une activité criminelle en bande organisée au niveau mondial, il était urgent d'agir.

C'est pourquoi, fidèle à sa mobilisation en faveur d'un monde en paix, le président Jacques Chirac a pris l'initiative de lancer un appel contre un fléau qui tue silencieusement par an plus que tous les conflits actuels réunis.

Le lundi 12 octobre à Cotonou, autour de Jacques CHIRAC et sous l'égide de sa fondation, sept chefs d'état, les représentants de l'ONU, de l'Union Européenne et de l'Union Africaine, des représentants de pays venant des cinq continents ont lancé un appel à la mobilisation internationale contre le trafic de faux médicaments.

Il sera suivi d'une conférence internationale sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève en 2010 qui, nous l'espérons, sera la préfiguration d'une convention internationale à l'image de celle contre les mines anti-personnel.

Ce fut pour moi un honneur d'être présent à Cotonou pour cet appel porteur d'un avenir meilleur, porteur de paix.

P.S. : La Fondation Chirac a pour ambition d'agir au service de la paix. Elle encourage le respect et la diversité des cultures, elle promeut l'accès de tous à la santé, à l'eau, à l'assainissement et elle agit concrètement contre la déforestation.


www.fondationchirac.eu/appel-de-cotonou-2009

lundi 28 septembre 2009

Article dans Ouest France du 28:09:2009 : L'axe Flers-L'Aigle déclenche les passions

Article dans Ouest France du 28:09:2009




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L'axe Flers-L'Aigle déclenche les passions article Ouest France du 28:09:2009

vendredi 25 septembre 2009

Lettre ouverte aux élus: Pour la modernisation de la route vers Paris entre Argentan et l'Aigle!

24 septembre 2009

Lettre ouverte aux élus:

Pour la modernisation de la route vers Paris entre Argentan et l'Aigle!

Depuis 40 ans, nous avons trop souffert de voies de communication obsolètes qui ne nous permettent pas d’offrir toutes les potentialités de développement à nos territoires et de favoriser ainsi le bien être des Ornaises et des Ornais. Cela n’a pas été sans conséquence sur le niveau de l’emploi de nos bassins de vie, en particulier, ceux de Flers et d'Argentan. Nous continuons encore aujourd'hui à subir économiquement et socialement le poids des décisions qui n'ont pas été prises il y a plus de 20 ans.

Le schéma départemental routier, adopté sous la présidence de Gérard BUREL remédie largement à nos déficits de structures routières adaptées. L'axe Alençon-Verneuil a été profondément remanié et nous pouvons désormais entrevoir l'achèvement de la mise à niveau de l'axe ouvrant le sud de l'Orne à la région parisienne.

Depuis le début de la présidence, fin 2008, d'Alain LAMBERT, le dossier des routes subit une nouvelle accélération : signature de la convention Département-Région et plan de relance départemental adopté cette année qui fait croître notre effet d'investissement de 10 millions d'euros.

Pour ce qui concerne la dorsale départementale qui relie les 2ème 3ème et 4ème bassins de vie ornais - ceux de Flers d'Argentan et de l’Aigle - le Plan Routier Ornais prévoit une modernisation globale sur l’ensemble du parcours, assurant ainsi un meilleur accès à la puissance économique du bassin parisien. Une partie importante du parcours est prévue en 2X2 voies. Les travaux sont entrés dans une phase lourde cette année avec le lancement du passage en 2X2 voies entre Argentan et Flers.

L’objectif est triple : assurer une meilleure sécurité routière, raccorder les territoires au réseau autoroutier et favoriser le développement économique des 2ème et 3ème bassin de vie de l’Orne en les reliant à la 1ère région économique et démographique de France.

Plus de 100 000 Ornais sont concernés par l’amélioration de la route vers Paris. Il ne peut donc s’agir que d’une priorité.

Pour ce qui a trait à la partie Argentan – Le Bourg Saint Léonard – Gacé, il nous est proposé de revoir le Plan Routier Ornais avec une moindre ambition.

En effet, il existe des blocages locaux, sans doute justifiés, qui ont pour conséquence d'affaiblir la volonté de constituer un axe ornais fluide et sans rupture est-ouest.

La modification du schéma routier envisagée se traduirait par le maintien d’une route permettant des jonctions de canton à canton, certes de meilleures qualités, mais en décalage avec un enjeu stratégique majeur en terme d'aménagement du territoire. En effet, il s'agit de constituer l'artère principale d'accès au Bassin Parisien pour plus du tiers des ornais et plus de 50% des sites industriels. Dans cette perspective, la nouvelle proposition de Plan Routier Ornais ne me semble pas satisfaisante car elle ne garantit pas une continuité des flux Ouest-Est fluides et homogènes. Enfin, le risque existe d'un report au-delà de 2020 de l'engagement de la modernisation des axes concernés, car aucune programmation dans le temps des travaux de modernisation entre Argentan et Gacé n'est planifiée.

Les particularismes locaux, publics et privés, doivent être pris en compte avec la plus grande attention. Cependant, l'information, la concertation et la négociation doivent pouvoir les lever. Pour être clair, les impératifs s'imposent, les modalités se discutent. L'impératif, c'est la modernisation dans des délais raisonnables.

Les paradigmes ont changé: le développement durable nécessite des routes de qualité favorisant les connexions multimodales. A cet égard, comment envisager le développement de la logistique sans prendre soin de la qualité des connexions vers le Bassin Parisien? Comment ne pas chercher à tirer profit de notre position géographique privilégiée de nœud multimodal entre les axes nationaux et européens Est-Ouest et Nord-Sud? Comment ne pas chercher à tirer parti de notre position en marge du Bassin Parisien et de notre position, à tout le moins en ce qui concerne le Nord du département, au sein de l'hinterland de Port 2000? Comment imaginer que nous ne pensions pas à articuler cette double position?

Alors que l'Etat, après le « grenelle de l'environnement » de 2007 annonce, d'une part, la mise en œuvre d'une politique sans précédent de développement des déplacements en véhicules électriques et d'autre part, l'engagement d'un vaste programme de développement du fret ferroviaire et du ferroutage (7 milliards d'euros), une opportunité se présente à l'Orne de devenir un acteur national en se positionnant comme zone logistique multimodale de contournement du canal rhodanien.

Depuis 10 ans je milite pour la modernisation de la route vers Paris. Je m'y suis engagé devant les électeurs. Je ne trahirai pas cet engagement!

Xavier Jaglin

Conseiller général de l'Orne

jeudi 17 septembre 2009

« Le Quai des arts doit être populaire » - Argentan

Ouest-France / Basse-Normandie / Argentan / Urou-et-Crennes / Archives du jeudi 17-09-2009


Pour Xavier Jaglin c'est aussi la rentrée avec le groupe Un nouveau souffle. Bilan sur le Quai des arts et point sur les projets à venir.

Entretien avec

Xavier Jaglin, leader du groupe d'opposition municipal Un nouveau souffle.

Le Quai des arts sera inauguré la semaine prochaine. Quel regard portez-vous sur cet équipement ?

Depuis dix ans, il existe un consensus politique très large sur la nécessité de disposer d'une nouvelle salle de spectacle à Argentan. La salle des fêtes n'est plus à même de remplir cette fonction. Donc nous allons nous réjouir qu'elle soit enfin inaugurée. Nous notons qu'il y a un retard de deux ans, et que les conditions financières sont sans commune mesure avec ce qui était prévu : 60 % de dépassement par rapport au budget initial.

Comment faire vivre cet équipement ?

C'est le grand défi. Il faut que cette salle soit un véritable poumon culturel, qu'elle favorise la créativité locale. Nous souhaitons qu'elle ait vraiment une dimension populaire, qu'elle soit accessible au plus grand nombre. Nous y serons attentifs.

Vos propositions de panneaux photovoltaïques, de récupération des eaux n'ont pas été retenues par la majorité. Déçu ?

Nous le regrettons vraiment, cela aurait été un véritable levier pour maîtriser les frais de fonctionnement, qui seront importants. Ils avoisineront les 500 000 € au lieu des 150 000 € actuels. De tels équipements sont par définition déficitaires, c'est un service, mais il faut maîtriser les coûts au maximum. Et il n'y a aucun argument technique valable qui explique ce refus, c'est simplement politique.

Septembre est aussi le mois de la rentrée politique. Quel regard portez-vous sur les orientations nationales ?

Depuis deux ans et demi, je m'étais mis en retrait en matière de politique nationale. J'envisage de m'investir à nouveau dans les mois qui viennent : Dominique de Villepin entend construire une alternative politique pour 2012. Si sa volonté se confirme, je m'engagerais avec force et conviction à ses côtés, au service des valeurs que sont la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité, la place et le rôle de la France et de l'Europe dans le monde.

Et sur la politique du Conseil général, où siégez-vous ?

Cette année, le Conseil général accélère son action sur l'agglomération. En plus de ce qu'il fait déjà, il investit via Orne Habitat dont il a la tutelle, dans la rénovation du quartier Saint-Michel et sur les travaux de connexion d'Argentan avec l'autoroute. Cela représente 10 M€, c'est considérable. Sur ces projets, je me réjouis que l'action du Conseil général se fasse en bonne entente et en coordination avec la ville, la communauté de communes et la Région.

Concernant Argentan ?

Je me réjouis de l'arrivée du pedibus et des tableaux numériques dans les écoles, propositions que notre groupe avait faites. Ma préoccupation de la rentrée, c'est l'avenir des trois résidences pour personnes âgées, dont le maire veut confier la gestion au CCAS sans qu'aucune étude ne nous ait été présentée sur les perspectives d'amélioration du service et de modération des tarifs pour les usagers. On s'engage pour des dizaines d'années, nous avons besoin de visibilité. Autre sujet d'importance, le fret ferroviaire. Laurent Beauvais et la Région font bien leur travail en ce qui concerne le transport de passagers, mais rien pour le fret. J'avais proposé qu'il y ait un dossier de monté pour qu'Argentan soit un point de chargement de camions, pour le ferroutage... Il faut qu'on monte dans le train avant qu'il ne soit parti.

Propos recueillis par

Isabelle BOIS.

samedi 13 juin 2009

Photos




Mon Préféré: Jacques CHIRAC. J'ai eu le plaisir de l'accompagner au salon de l'agriculture 2009. La ferveur du monde agricole est intacte. Homme politique préféré des Français, le président CHIRAC est on ne peut plus actif au service de la paix, du dialogue des cultures et du développement durable. (ci-contre avec mon fils)



















Avec le Président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis DEBRE, l'homme clé du respect de nos principes fondamentaux.



François FILLON est un homme respectable qui doit beaucoup supporter ...




Il y a longtemps, très longtemps dans une autre galaxie, en 1997, lorsque la République était respectée.




vendredi 12 juin 2009

Modernisation de la route vers Paris : L’intérêt général doit prendre le pas sur les intérêts particuliers !

A l’occasion de la cession du Conseil général du 12 juin lors de laquelle a été adoptée une rallonge au plan de relance départemental, je suis monté au créneau, comme je le fais depuis 2004, pour qu’enfin la modernisation de l’axe Argentan - l’Aigle soit engagée.

Depuis 40 ans, nous avons trop souffert de voies de communication obsolètes qui ne nous permettent pas d’offrir toutes les potentialités de développement aux bassins de vie d’Argentan et de Flers. Cela n’a pas été sans conséquences sur le niveau de l’emploi sur les communes concernées.

Le schéma départemental routier, adopté sous la présidence de Gérard Burel, prévoit que la route Flers Argentan Gacé l’Aigle soit totalement modernisée sur l’ensemble de son parcours et assure un meilleur accès à la puissance économique des 12 millions d’habitants du bassin parisien. Une partie importante du parcours est prévue en 2X2 voies.

L’objectif est triple : assurer une meilleure sécurité routière, raccorder les territoires au réseau autoroutier et favoriser le développement économique des 2ème et 3ème bassin de vie de l’Orne.

Plus de 100 000 Ornais sont concernés par l’amélioration de la route vers Paris. Il ne peut donc s’agir que d’une priorité.

Les travaux de mises en 2X2 voies du tronçon Flers Argentan s’engagent cette année. Les travaux de modernisation du tronçon Gacé l’Aigle également.

Pour ce qui concerne la partie Argentan – Le Bourg Saint Léonard – Gacé et malgré les affirmations orales de représentants de la commission des routes, rien ne se traduit en chiffres. Il existe des blocages, en particulier sur le canton d’Exmès, qui tendent à véritablement « effacer » entre Argentan et Gacé le schéma départemental routier.

Cette volonté risque de se traduire par le maintien d’une route de médiocre qualité entre Argentan et l’Aigle. Nous ne pouvons pas l’accepter.

L’intérêt général doit prendre le pas sur des intérêts cantonaux et les intérêts particuliers, car il en va de l’avenir économique et social de plus de 100 000 Ornais.

Suite à un échange vif et franc entre le conseiller général d’Exmès et moi-même, le président du Conseil général a proposé qu’en débat soit organisé en septembre et qu’une décision soit prise sur le maintien ou non des dispositions prévues au schéma départemental routier sur le tronçon Argentan Le Bourg Saint Léonard Gacé.

Pour l’heure, ce qui est prévu au schéma routier - aménagement de la partie Argentan Le Bourg Saint Léonard et passage en 2X2 voies entre Le Bourg Saint Léonard et Gacé - est maintenu.

Bien évidemment les Ornais, en particulier lorsqu’ils vivent sur les bassins d’Argentan et de Flers, peuvent compter sur ma mobilisation en faveur de la défense de l’intérêt général.

Xavier JAGLIN

Conseiller général

9, place Henri IV - 61200 Argentan

Tél : 06 08 03 74 68 - Mail : xavierjaglin@yahoo.fr

mercredi 18 mars 2009

Otan: la France amputée et l’Europe diminuée

En décidant de revenir au sein du commandement intégré de l’Otan, en un trait de plume, Nicolas Sarkozy liquide un héritage, un symbole et une liberté.

La réintégration du commandement intégré de l’Otan rapetisse notre liberté d’appréciation et de décision. Jacques Chirac lui-même affirme qu’il aurait été beaucoup plus difficile de refuser qu’accompagner l’intervention américaine en Irak si nous avions, à l’époque, été membre de ce commandement intégré. Dire que cela ne change rien est faux ! Cela nous contraint à plus de proximité, à plus de suivisme et à plus de dépendance à l’égard de Washington.

Il n’est pas sérieux de se précipiter ainsi pour ramasser des miettes jetées au sol, les commandements très secondaires de Norfolk et de Lisbonne, en prétendant que cela renforce notre position internationale. Nous n’avons rien obtenu. L’Otan est et restera dirigée par un général américain affublé de deux adjoints, l’un anglais et l’autre allemand. Nous ne sommes plus un pays allié, nous sommes désormais un pays aligné.

L’Otan est en passe de devenir une alliance globale contre les ennemis désignés par les seuls Etats-Unis d’Amérique. C’est dans ce contexte que nous la réintégrons sans aucun préalable quant aux missions, au périmètre, aux menaces, à l’organisation, à la répartition des rôles et à l’autonomie d’action de l’Europe.

Pourtant sa vocation n’est pas d’être une « Onu bis », docile aux sollicitations de son maître et rétive à la constitution d’un monde multipolaire. De la maîtrise de notre destin, voulu par le général de Gaulle, allié fidèle mais exigeant des Etats-Unis, il ne restera pas grand-chose car nous sommes bien montés dans le train américain qui nous emmène on ne sait où. Les bourbiers irakien et afghan sont autant de démonstrations que nos alliés américains ne sont pas nécessairement bien inspirés. Les Américains auront mis au pouvoir les Talibans, se seront appuyés ensuite sur l’Otan afin de les déloger, pour enfin les laisser reprendre le pouvoir à Kaboul. Le rôle de la France et de l’Europe n’est-il que de cautionner les errements d’un empire en perte de vitesse qui fait de l’attaque sa « meilleure » défense? Nous ne pouvons nous engager dans cette voie sans prendre des risques inconsidérés pour notre sécurité internationale.

Cette réintégration marque aussi la fin de l’Europe de la défense et du consensus français sur notre politique de sécurité internationale. La fâcherie ne fait que commencer. D’ailleurs, l’annonce par la France - le jour même du débat sur le retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan - d’une probable réduction sensible du nombre d’A400 (avion militaire de transport de troupes produit par EADS et seul grand programme européen de défense) marque à quel point la défense européenne est au point mort, malgré nos efforts de normalisation des relations France-Otan. Nous achèterons du matériel américain et nous nous priverons d’une autonomie de moyen. Notre sécurité dépendra de nos alliés et donc de leur bon vouloir. Les projets d’agence européenne de défense, d’état-major européen et d’une force d’intervention rapide européenne digne de ce nom resteront dans les cartons.

Nous relèverons également que le Président russe aura annoncé, à dessein, le jour du débat sur l’Otan à l’Assemblée Nationale, qu’il ordonnait un réarmement à grande échelle de la Russie afin – je le cite – de faire face à « des tentatives incessantes de l’Otan de développer son infrastructure militaire près de la Russie ». La France est passée en un jour, d’interlocuteur crédible pour les Russes, à puissance alignée et donc secondaire en ce qui concerne les questions de paix sur le continent. Voilà qui étaie la théorie des relations internationales selon laquelle lorsqu’on s’aligne, on disparaît !

La réintégration au sein du commandement intégré de l’Otan n’est pas insignifiante. En aucun cas il ne s’agit d’un simple « ajustement ». Elle est le fruit d’une idéologie de renoncement à notre vocation universelle, à la volonté de maîtriser notre propre destin, à concourir à l’équilibre du monde. C’est finalement assez révélateur du fonctionnement d’un pouvoir qui se montre « fort avec les faibles et faible avec les forts ».

Nicolas Sarkozy est bien le président de la rupture, de la rupture de la France avec elle-même. Il n’a eu de cesse de créer des lignes de fracture au sein du pays, opposant les uns aux autres, rompant les consensus pourtant rares au sein de la classe politique. Aujourd’hui, il couche la France aux pieds d’une puissance amie mais vieillissante, qui nous entraîne depuis 10 ans vers le choc des civilisations, nous qui sommes aux confins des mondes. Grave imprudence !

mercredi 11 mars 2009

Lettre Républicaine Numéro 1

La ville d'Argentan et la CDC doivent travailler la main dans la main

Localement, nous ne pouvons pas rester les bras croisés à attendre que le ciel nous tombe une seconde fois sur la tête. Notre ville se porte mal : baisse impressionnante de la population, paupérisation d’une partie croissante des familles, économie atone. Pourtant, nous possédons des atouts qu’il convient de valoriser. Le moteur de notre capacité à rebondir est et restera le développement économique. En effet, la bonne santé de l’économie permet d’offrir des emplois à ceux qui en cherchent et de financer l’amélioration des services aux personnes, qu’il s’agisse d’équipements, d’aides, d’animation, d’éducation ou de culture, pour les jeunes et les moins jeunes.

Le maire et le président de la CDC doivent remettre leur ouvrage sur le métier

La gestion des acteurs publics locaux s’est caractérisée, il y a quelques années, par un manque total d’anticipation. Malheureusement, au défaut de prévision a succédé un manque de discernement dans les actions à mener. En clair, les priorités n’ont pas été tenues au-delà des mots. La construction de logements sociaux prime sur l’action économique comme le démontre l’examen du budget de la CDC. La charrue a donc été mise a mise avant les bœufs.

Dès lors, il ne faut pas s’étonner que la ville ait perdu en quelques années plus de 10% de sa population, qui plus est chez les jeunes actifs. A titre d’exemple et pour prendre la mesure du phénomène, en 6 ans, nous avons perdu le tiers des enfants dans les écoles ! Nous avons de très beaux et très onéreux aménagements des bords de l’Orne, mais il n’y a guère d’enfants à pouvoir en jouir !

La cohérence des actions locales, elle aussi, reste à démontrer. Les impôts locaux sont à Argentan 20% supérieurs à la moyenne des villes comparables. Or ce sont les ménages de la classe moyenne qui, pour l’essentiel, s’acquittent de ces impôts. Dès lors, je ne comprends pas que les élus locaux décident de peser si fortement sur le budget des ménages argentanais d’un côté, et s’étonnent du départ des classes moyennes de l’autre côté.

Le maire et le président de la CDC doivent remettre leur ouvrage sur le métier. Compte tenu des résultats de l’action locale, l’autosatisfaction n’est pas de mise. Les orientations doivent être revues sans préjugé, corrigées pour certaines et amplifiées pour d’autres. Cela serait faire montre de modestie, mais également de clairvoyance. Une fois n’est pas coutume !

Mettre le turbo en matière de création d’emplois

Le taux de chômage à Argentan est au moins le double de la moyenne départementale. Nous ne pouvons donc nous contenter d’une gestion « pépère ». Il nous faut conquérir des emplois. Pour cela, il n’y a qu’une seule solution : favoriser l’implantation massive de nouvelles entreprises. Je dis bien massive car l’arrivée du logisticien Ysco avec ses 40 emplois fin 2009 ne compensera même pas la moitié des pertes de l’année 2008, c'est-à-dire avant la crise. Nous devons donc accélérer le mouvement pour que les créations d’emplois soient bien supérieures aux pertes.

La nouvelle zone d’activité Actival d’Orne n’offre pas un potentiel suffisant. De plus, ce sera une zone généraliste. Certaines entreprises argentanaises pourraient s’y délocaliser, ce qui ne crée aucun emploi. La réussite de notre développement économique se situe autre part : dans la logistique, la spécialisation économique et l’intégration verticale de filières.

La zone Actival d’Orne 2 doit être lancée au plus vite. Dans 5 ou 6 ans, il sera trop tard. Les études doivent laisser place à l’action concrète.

Je ne reviendrai pas sur la logistique, les plateformes multimodales, le ferroviaire et l’agro-alimentaire. Mais un gisement d’emplois existe qu’il nous faut prospecter : le service aux entreprises. En effet, nous sommes situés au centre du triangle Caen-Rouen-Le Mans. C’est un territoire à la fois dense avec 4 grandes agglomérations, en comptant Le Havre, et proche, car situé dans un rayon de 100 kilomètres autour d’Argentan. Un travail d’indentification de secteurs économiques doit être entrepris. Je suis convaincu qu’il est prometteur en termes d’implantations de nouvelles PME, qui présentent l’avantage d’offrir des emplois spécialisés et diversifiés.

Enfin, nous devons faire de l’association Argentan Développement une véritable force de frappe et de réaction rapide au service des entreprises argentanaises et de celles qui pourraient le devenir. Nous pourrions réunir l’ensemble des acteurs, sur la base du volontariat, au sein de cette structure et leur proposer de les appuyer matériellement sur un plan d’actions : échanges d’informations économiques, défenses des entreprises locales, accueil des nouveaux entrepreneurs potentiels, appui à l’export, représentation dans les salons professionnels, force de proposition et de lobbying, appui conseil et tutorat des jeunes entrepreneurs.

Redresser avec fermeté les finances locales et baisser les impôts

Bien évidemment, un tel programme nécessite la mobilisation de moyens. Or la situation financière de la CDC est extrêmement délicate. Nous atteindrons un niveau d’endettement qu’il ne serait pas responsable de dépasser dès l’année prochaine. L’état n’y est pour rien. C’est la conséquence de l’effondrement économique des 10 dernières années et d’une gestion discutable des priorités.

Pour ce qui concerne la ville, le maire semble découvrir qu’il y a des fuites multiples et que la situation n’est pas bonne. Malgré mes multiples mises en garde, le maire a piloté le budget municipal en se croyant « grand argentier ». Il est contraint maintenant d’agir dans l’urgence, affirmant qu’il y a des dizaines d’emplois en trop dans les services, fermant le restaurant municipal et cherchant des économies partout. Après 20 ans passés aux manettes, il était temps d’ouvrir les yeux !

Nous payons aujourd’hui, au prix fort, une gestion laxiste en termes de dépenses de fonctionnement qui a dilapidé en quelques années les marges de manœuvre de la ville mais également de la CDC. Ce n’est pas seulement une erreur, c’est une faute ! Car la CDC a besoin de l’appui ferme de la commune dans les prochaines années. Or, la ville va avoir du mal à assumer son devoir de solidarité.

C’est donc avec détermination et fermeté que nous devons redresser les finances locales. Pour cela et comme toujours, certains vont vouloir augmenter les impôts locaux. Je m’y oppose radicalement. Les impôts à Argentan sont déjà trop élevés et font fuir les habitants. Une nouvelle augmentation se traduira par une nouvelle baisse de la population, surtout en cette période de baisse du pouvoir d’achat. Ce qu’il convient de faire, c’est de les baisser dès que possible.

Les grands chantiers communs sont nombreux

L’union de façade entre le maire et le président de la CDC a trop duré. Maintenant, la ville et la CDC doivent travailler la main dans la main autour de projets communs. Au-delà du développement économique, d’autres grands dossiers doivent être portés en commun : le développement durable sur lequel nous souhaitons une politique concrète et novatrice, la mise en œuvre d’une logique de service à la place d’une logique de gestion, y compris dans le domaine social et culturel, car c’est à la ville d’être au service des habitants et des associations et non l’inverse, la construction du Grand Argentan qui ne se réalisera que si nous nous inscrivons dans une démarche d’écoute et d’association vis-à-vis de ceux que nous souhaitons voir nous rejoindre.

Xavier JAGLIN

Conseiller général de l’Orne

9, place Henri IV – 61200 - Tél : 06 08 03 74 68

Mail : xavierjaglin@yahoo.fr- Blog : www.xavierjaglin.fr


samedi 28 février 2009

Pour une Normandie réunifiée sans délai !


Cessons de tergiverser !

Il y a peu de temps encore une large majorité de Normands souhaitaient la création d’une seule et grande région Normandie. Le débat existe depuis 30 ans alors que des avantages de la réunification sont évidents et l’emportant, sans conteste, sur d’éventuels inconvénients. Cessons de tergiverser et de commettre des rapports d’études. Le principal but de tout cela est de différer la décision, y compris de la part de certains qui se prononcent pourtant publiquement en faveur d’une seule région. Les intérêts personnels ne doivent pas l’emporter sur l’intérêt général. Il n’y aura plus qu’un seul président de région au lieu de deux et cela n’est pas un drame.

La commission sur la réforme territoriale, présidée par un ancien Premier Ministre, a rendu son rapport. Elle propose que l’on passe, sur la base du volontariat, de 22 à 15 grandes régions en France métropolitaine.

Nous devons nous engager dans la voie d’une unification normande. Dès maintenant, les conseillers régionaux seraient bien inspirés de prendre une résolution ferme en ce sens.

La décision politique prise, l’intendance suivra et nous aurons bien le temps de trouver un accord sur la répartition des services régionaux et sur lieu d’implantation de la capitale normande.

Des économies substantielles seront réalisées à terme sur les dépenses de fonctionnement et la politique économique régionale s’en trouvera renforcée, ce qui est utile en cette période de crise et d’augmentation du chômage.

Mais voila ! La crise est là qui pousse les citoyens à se recroqueviller sur eux, à se murer dans l’immobilisme en croyant protéger ce qui semble leur rester. C’est le sens du récent sondage réalisé pour Ouest-France qui révèle une baisse considérable de ceux qui sont favorables à la création d’une grande Région Normandie.

Bien évidemment tous les hypocrites vont se réfugier derrière ce mouvement d’opinion pour justifier le maintien des deux régions et nous promettre qu’une unification normande … pour plus tard. Les premiers seront ceux-là même qui dirigent la région Basse-Normandie : favorables à la réunification avant d’être élu en 2004, immobile une fois aux commandes.

Je ne crois ni au déclin ni à la fatalité. Notre avenir est de nous unir, d’aménager notre territoire avec intelligence, afin offrir aux Normands le dynamisme économique nécessaire au maintien et au développement de nos cadre et qualité de vie. En effet, la bonne santé de l’économie permet de financer et d’améliorer les services aux personnes, qu’il s’agisse d’équipements, d’aides, d’animation, d’éducation ou de culture.

lundi 23 février 2009

Revenir sur le paquet fiscal et les exonérations de charges sociales pour relancer l’économie

Un plan de relance insuffisant

La crise que nous vivons et qui durera plus longtemps qu’initialement prévu nécessite la mobilisation de moyens financiers conséquents. En investissement et en fonctionnement, nous devrons faire des efforts, non pas d’économie, mais de dépenses.

Le gouvernement a présenté un plan de relance de 26 milliards d’euros. Ce plan est basé sur l’investissement. Il s’agit, dans 80% des cas, d’avancer les dates de mise en chantier d’actions programmées précédemment. Ce plan est notablement insuffisant pour faire face à la situation et n’aura comme effet que de limiter la casse. Nous sommes donc loin d’une réelle relance.

Un petit plan de relance par la consommation vient également d’être présenté, sous la pression de la rue, pour un montant de 2,6 milliards d’euros. Il ne faut pas y voir une inflexion sociale car il ne concerne qu’une minorité des ménages et ne vient que détendre légèrement le budget des personnes concernées.

Aussi, un second plan de relance par l’investissement s’impose, plus ambitieux et plus structurant à long terme pour notre économie. Il en va de même en matière sociale. Des décisions plus amples et touchant une majorité de personnes sont à prendre.

De records en records

Cependant, le financement des plans de relances est problématique. En 2 ans, le déficit de l’état à augmenté de 50%. Le « trou » de la sécurité sociale s’annonce historique en 2009 avec un déficit prévu de 15 milliards d’euros. Le chômage progresse dramatiquement depuis le mois de mai 2008 à un rythme très élevé (record historique en novembre 2008 avec 84 000 chômeurs supplémentaires). Le remboursement des intérêts de la dette est le 2 ieme poste budgétaire de l’état, juste derrière le budget de l’éducation nationale et s’en rapprochant au fur et à mesure.

La situation financière du secteur public n’est pas bonne. Pour tout dire, elle est catastrophique.

Dégager des marges de manœuvre

Dangereusement, nous approchons du seuil d’emballement de la dette et d’un effet boule de neige. L’emprunt et son corolaire, la dette, ne doivent être mobilisés qu’avec la plus grande attention. Des marges de manœuvres doivent donc être trouvées autre part.

Il existe une source considérable de moyens pour l’état : les exonérations fiscales et sociales. Les dispositifs sont multiples, enchevêtrés, opaques et souvent pas ou peu efficaces en terme de création d’emplois. Les sommes en jeu sont considérables. A titre d’exemple, le paquet fiscal adopté en 2007 coûte 15 milliards d’euros par an à l’état. Les exonérations de charges sociales liées aux 35 heures pèsent également 15 milliards d’euros annuellement aux deniers publics.

Sans idéologie et avec pragmatisme, ces 2 dispositifs d’exonérations doivent être remis en cause. Alors, peut-être, une véritable politique de sortie de crise et de relance pourra être envisageable et envisagée.

Xavier Jaglin – Conseiller général de l’Orne

vendredi 20 février 2009

La Marche avant à reculons !

Le président de la République est décidément un homme imaginatif. Il vient d’inventer la marche avant à reculons. C’est une première dans les annales de l’histoire contemporaine : le gouvernement recule sur des dossiers qu’il n’a pas porté ni même initié.

L’outre-mer en est le dernier exemple. Après avoir, avec morgue, ignoré les manifestations quotidiennes en Guadeloupe pendant 3 semaines et dépêché finalement un ministre en urgence avant de le rapatrier, toujours en urgence, pour lui taper sur les doigts, le président lâche tout ce qu’il refusait la veille même. Mieux, dans sa grande « générosité », il élargit le dispositif à tous les départements de l'outre-mer. Tant mieux pour nos compatriotes ultramarins !

Le lendemain de la manifestation unitaire des syndicats de salariés prévue le 19 mars, nous devrons nous attendre à une augmentation conséquente du smic. Encore 6 ou 7 points de perdus dans les sondages et nous découvrirons un salaire minimum porté à 1 500€ brut.

Ségolène Royal en avait rêvé, Nicolas Sarkozy pourrait bien le réaliser. Tout cela est probablement lié à la très grande compétence et à la haute capacité de nos dirigeants à donner une direction à leur action. Les confusions se multiplient entre parler et gouverner, entre action et agitation, entre persuasion et conviction. Petit à petit, c'est la crédibilité du président de la République qui est engagée.

Pour l’instant, le seul cap qui semble fermement tenu, c’est celui de la dette que nous lèguerons en héritage aux générations futures. Un slogan « No future » et un état d'esprit "le nihilisme" risquent d'envahir l'esprit des citoyens de demain.

Le pire n'est jamais certain. Le meilleur non plus d'ailleurs.

Xavier JAGLIN

Conseiller général de l'Orne

9, place Henri IV – 61200 Argentan

Tél: 06 08 03 74 68 – Mail: xavierjaglin@yahoo.fr

vendredi 13 février 2009

En prêtant à Renault 250 000 euros par emploi supprimé, Sarkosy se fait le sournois défenseur de la pensée unique !

A une crise mondiale prétendument la plus forte depuis un siècle – rien que cela ! - le président de la République et l’ensemble du petit monde de la pensée unique nous propose un traitement homéopathique.

Certes, le dialogue social est plus que jamais nécessaire. Bien sûr, des réponses conjoncturelles à la montée du chômage et la paupérisation de toute une partie de la population sont à mettre en œuvre. Il va de soi qu’un soutien à nos principales filières industrielles s’impose.

Néanmoins, tout cela ne changera rien au fond. Nous ne vivons que les conséquences de l’évolution d’un système qui, aujourd’hui, oppresse le corps social et s’attaque au fondement du lien républicain: le libre échangisme.

C’est en ayant le courage de remettre en cause ce système et en étudiant les solutions alternatives que nous trouverons les réponses à la crise désormais de civilisation.

D’ailleurs, l’annonce jeudi 12 février de la suppression en 2009 de 3000 emplois supplémentaires chez le constructeur automobile Renault, le lendemain du déblocage d’une aide de l’état, devrait ouvrir les yeux à ceux qui prétendent nous gouverner ! Nos industries sont dans un cercle vicieux dont elles semblent ne pas pouvoir s’extraire.

Cette entreprise a dégagé en 2008 des bénéfices, certes en baisse, mais qui s’élèvent tout de même à plusieurs centaines de millions d’euros, ce qui fait plusieurs milliards en francs. L’état lui prête plus de 3 milliards d’euro sur 5 ans à un taux préférentiel. Mais elle va supprimer 12 000 emplois au total en France sur l’année 2009. L’état apporte donc à Renault 250 000 euros par emploi supprimé. Cela fait cher !

Visiblement, la solution ne se trouve pas sur le terrain financier mais sur l’architecture économique du monde.

jeudi 5 février 2009

jeudi 5 février 2009 Réaction à l’intervention radio- télévisuelle du président de la république du 5 février 2009

Pour une véritable réponse à la crise économique et sociale

Le président de la République nous détourne de la principale problématique
de la crise économique actuelle :

* Depuis quelques années, nous constatons la destruction de pans
entiers de notre économie avec son cortège de fermetures d’usines. Nous en
savons quelle chose à Argentan, ville dont je suis conseiller général.

* En même temps, la part des salaires dans la valeur ajoutée des
entreprises ne cesse de baisser au bénéfice de la rente. C’est une réelle
rupture silencieuse du pacte social.

* La pression sur les salaires est telle que le niveau de vie baisse.

* Pour la première fois de notre histoire, la réussite scolaire
n’assure plus aux nouvelles générations la garantie d’un niveau de vie
acceptable.

* Pour la première fois, l’avenir de la grande majorité des jeunes est
plus sombre que celui de leurs parents.

* Nos petites et moyennes entreprises, qui se situent en dehors du
champ du capitalisme financier, se trouvent confrontées à une concurrence
mondiale, avec ce que cela comporte de distorsions déloyales quant aux
systèmes sociaux et politiques.

Notre avenir, si cela perdure, ne sera que baisse du niveau de vie, et
régression de nos dispositifs de solidarité, dont l’éducation, la santé et
les retraites. Qui peut accepter un tel destin ?

La crise économique actuelle est bien installée en France depuis plusieurs
années.

La crise financière qui sévit depuis presqu’un an, n’en est qu’un épisode :
celui de la dérive du capitalisme financier. La récession économique de
2009, désormais acquise en France et en Europe, ne fait qu’accélérer le
mouvement.

Pour une majorité de Français, dont je fais partie, il est clair que la
globalisation mondiale de l’économie est désormais source de destruction
d’emplois et de baisse du niveau de vie.

Je ne suis ni socialiste et encore moins anticapitaliste. S’il va de soi
qu’il convient de mettre un terme aux dérives de la financiarisation de
l’économie, refonder le capitalisme n’est qu’un leurre et ne changera rien
au fond.

C’est désormais à la globalisation mondiale de l’économie qu’il faut «
s’attaquer » et pour tout dire au libre échangisme *.

La présidence française de l’Union Européenne n’aura finalement été qu’une
occasion manquée de créer une réelle solidarité européenne.

Nous ne pouvons plus accepter que l’Europe soit le champ ouvert pour la
globalisation de l’économie. Combien de temps encore devons-nous supporter
que nos emplois et nos salaires, mis directement en concurrence avec ceux
des travailleurs asiatiques, soient promis à la destruction et à la baisse ?

Le libre échangisme mondial doit être revisité. Seule, la France ne peut pas
directement infléchir le cours de l’histoire.

En revanche, une remise en cause par l’espace européen du libre échangisme
mondial entre les zones Amérique Asie Europe aurait pour conséquence
immédiate de redistribuer les cartes.

L’Europe, qui compte 500 millions d’habitants, est le premier espace
économique mondial. La mise en place de barrières de protection à
l’extérieur de l’Union Européenne serait une véritable révolution en faveur
de l’Europe sociale.

Protéger nos démocraties, nos économies, nos emplois, notre niveau et cadre
de vie ainsi que nos dispositifs éducatifs et de solidarité, est un devoir.
La construction d’une Europe qui protège est la voie que nous devons
prendre.


*  - libre-échangisme 
n.m. libre-échangisme, libre-échangismes
Doctrine économique visant à établir le libre-échange

- libre-échange
n.m. libre-échange, libres-échanges
Système économique dans lequel les échanges commerciaux entre États sont
affranchis des droits de douane (par opp. à protectionnisme).
Source : Larousse pratique édition 2005



Xavier JAGLIN

Conseiller général de l’Orne
9, place Henri IV – 61200
Tél : 06 08 03 74 68

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