Philippe Séguin, un inlassable défenseur de l'intérêt général et un homme d'honneur
Par Webmaster le jeudi 7 janvier 2010, 15:59 - Billet d'humeur - Lien permanent

Philippe Séguin était une personnalité hors du commun. Son indépendance
d'esprit et sa fidélité aux valeurs républicaines en faisaient un homme
politique à part, un homme d'honneur. Sa seule ambition était de servir la
France. Il lui restera fidèle jusqu'à desservir la réalisation de son propre
intérêt. Son courage et son honnêteté intellectuelle étaient exemplaires. Les
mots liberté égalité fraternité laïcité et indépendance résumaient à son sens
pleinement notre identité culturelle. Républicain intransigeant, partisan d'un
état qui régule et qui impulse, défenseur de l'indépendance nationale, de
l'Europe des nations et de la place singulière de la France dans le monde, ce
gaulliste social avait la passion de l'intérêt général. Il m'avait fait
l'honneur de venir m'apporter son soutien, c'était en 1998 à Fontenai-sur-Orne
et il restera pour moi une lumière qui brille dans le monde souvent ténébreux
de la politique.
Sa disparition me marque profondément car je lui dois ma formation
intellectuelle. Parallèlement à mon engagement aux côtés de Jacques Chirac en
1994, je faisais partie des équipes de Philippe Séguin de 1994 à 2001, en tant
que membre du bureau du RAP (Rassemblement pour une Autre Politique) ,
formation politique qu'il avait créé pour conquérir le RPR - ce qui fut fait en
1997 - puis rédacteur en chef de Graph Magazine (mensuel des jeunes RPR) et
directeur de l'école des cadres du RPR. C'est à cette période que j'ai commencé
à travailler avec François Fillon. Localement, j'étais le séguiniste de
l'étape. Je ne suis donc pas le vilain petit canard de la droite ornaise depuis
peu. Pour la petite histoire, Philippe Séguin souhaitait un profond
renouvellement lors des élections régionales de 1998. Face à la résistance des
élus dans l'Orne, il avait décidé de ne pas venir leur apporter son appui
localement. Mais, comme il s'était engagé auprès de moi à me soutenir sur le
terrain lors de mon premier engagement électoral sur le canton d'Argentan
Ouest, il vint finalement dans l'Orne, dans le canton, mais sa visite fut
complètement récupérée et phagocytée par les barons locaux du RPR.
Ces dernières années, Philippe Séguin aura mis à profit son retrait de la vie
politique active pour donner un rôle inédit à la Cour des Comptes. Jusqu'au
bout, jusqu'à la fin, il aura été un inlassable serviteur de l'état. Il m'aura
appris à me tenir debout face à l'adversité, à demeurer un homme libre et à ne
pas transiger sur l'essentiel. Puisse son souvenir se transformer en héritage
et que ceux qui porteront le flambeau soient à la hauteur de l'exigence morale
de cet homme d'état.
